Rendez-vous de quartier Centre
Publié le 10 juin 2026|

Vendredi 5 juin, la cantine de l’école Albert Camus affichait complet. Près de 150 habitants ont répondu présents pour la première réunion de quartier du mandat dans le Centre-ville. Pendant plus de deux heures, les échanges se sont succédé autour des sujets du quotidien, illustrant la volonté de la municipalité de renforcer le dialogue citoyen.
Dès l’ouverture, David Guiraud, maire de Roubaix, a posé le cadre de cette rencontre : « La proximité est essentielle dans la vie d’une commune. Les habitants ont le droit d’être proches de leurs élus. »
Fatima Bensliman, adjointe et maire du quartier Centre, a rappelé son attachement au secteur. Ancienne élève de l’école Albert Camus, où ses propres enfants ont été scolarisés, elle a insisté sur la nécessité de co-construire l’avenir du quartier : « Vous connaissez les difficultés du quotidien. Vos avis sont précieux et serviront à bâtir les projets ensemble. »
Pour l’occasion, les élus municipaux et les services de la Ville étaient fortement mobilisés pour écouter, répondre et orienter. Une fois le débat collectif terminé, chacun a d’ailleurs pu poursuivre la discussion de manière plus individuelle avec les équipes. Ces rendez-vous, organisés une à deux fois par an dans chaque quartier, visent à assurer un suivi rigoureux des demandes exprimées et des actions engagées.

Le logement
Très vite, la question du logement s’est imposée comme le point névralgique des débats. Demandes de logements sociaux en attente, relations complexes avec les bailleurs, humidité, nuisibles (rats, cafards), ascenseurs en panne ou squats : les témoignages se sont multipliés.
Un jeune élu du Conseil municipal des enfants (CME) prend la parole pour témoigner : « Dans mon logement, il y a des souris et de la moisissure. » Plusieurs résidents de la tour Mermoz ont notamment partagé leur sentiment d’abandon face à des conditions de vie dégradées.
Face à ce constat, la municipalité a reconnu l’ampleur de la crise et annoncé un renforcement du service logement de la Ville pour accélérer le traitement des urgences.
Le maire a quant à lui plaidé pour un retour à l’humain dans les résidences : « Il faut plus de présence sur le terrain : des gardiens, des concierges, un contact quotidien avec les habitants. » La question du gardiennage, perçue comme un levier plus efficace que la seule installation de caméras, a été largement partagée au cours des échanges.
Shéhérazade Bentorki, députée et conseillère municipale, a également appelé à une mobilisation collective des habitants pour faire avancer les dossiers auprès des bailleurs et mieux faire entendre les difficultés rencontrées.

Cadre de vie et jeunesse
Au-delà de l’habitat, les préoccupations se sont cristallisées autour de l’espace public. Des questions sur la prolifération des tags, des voitures-ventouses et des dégradations. Aux abords de l’école Albert Camus, ce sont les difficultés de stationnement et le manque d’aires de jeux qui exaspèrent les familles.
La jeunesse et le sport ont également alimenté les réflexions. Un représentant du lycée Jean Rostand a ainsi interpellé les élus : « Comment permettre aux jeunes du lycée de profiter des équipements de la ville, notamment la salle de sport à côté de l’établissement ? » Une question qui a ouvert le débat sur l’accessibilité des infrastructures municipales et leur partage entre le monde scolaire et les résidents.
Cantine et périscolaire
Les familles ont profité de cette tribune pour exprimer leurs attentes concernant la restauration scolaire et le périscolaire. Qualité des repas, équilibre nutritionnel ou encore organisation des goûters…
David Guiraud a partagé ce constat et tracé des perspectives d’avenir : « Nous voulons une restauration de meilleure qualité, davantage tournée vers les producteurs locaux et plus accessible financièrement pour les familles. » Parmi les pistes concrètes évoquées figurent la création d’une cuisine centrale ou le développement de cuisines de proximité, permettant à la fois de monter en gamme et de maîtriser les coûts.
À venir…
La municipalité souhaiterait associer davantage de partenaires aux prochaines réunions, notamment les bailleurs sociaux et le CCAS, afin de renforcer les réponses apportées.
Car ces rendez-vous ne sont pas seulement des temps d’échange : ils doivent aussi permettre de rendre compte des actions engagées, des projets en cours et des difficultés persistantes.
« Notre mandat n’avancera pas sans les habitants. » Une phrase qui résume l’esprit de ces réunions de quartier : faire de la proximité un outil concret au service du quotidien.
© Crédit photos Lucas Demoor – Ville de Roubaix






