Un pavé de mémoire pour Henri Terryn, résistant roubaisien fusillé en 1942
Publié le 6 mars 2026|

Ce vendredi 6 mars 2026, un nouveau pavé de mémoire a été posé au 108 rue du Grand Chemin, à Roubaix. Ce Stolperstein rend hommage à Henri Terryn, résistant communiste fusillé par l’occupant nazi le 31 mars 1942.
À travers cette cérémonie, la Ville poursuit son travail de mémoire et rappelle le destin de celles et ceux qui ont payé de leur vie leur engagement pour la liberté. Les Stolpersteine, littéralement « pierres sur lesquelles on trébuche », sont de petits pavés recouverts d’une plaque de laiton. Scellés dans le trottoir devant le dernier domicile libre des victimes du nazisme, ils portent leur nom, leur date de naissance et les circonstances de leur disparition.
Ce projet mémoriel européen, initié par l’artiste allemand Gunter Demnig, invite les passants à s’arrêter un instant pour se souvenir. À Roubaix, plusieurs pavés ont déjà été installés pour honorer des habitants victimes des persécutions nazies.
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Henri Terryn, un résistant roubaisien
Le pavé posé rue du Grand Chemin rappellera l’histoire d’Henri Terryn. Militant communiste et engagé dans la Résistance, oppose à l’occupation allemande durant la Seconde Guerre mondiale.
Henri Terryn (1908-1942) est né à Roubaix où il passe sa jeunesse. Militant communiste dès 1932, il part à Paris en 1934 et devient journaliste à L’Humanité, dont il dirige ensuite le service politique et pour lequel il est attaché à la Chambre des députés.
Mobilisé lors de la Bataille de France, il est démobilisé à l’été 1940 et revient vivre à Roubaix en 1941 avec son épouse et leur fils, au 108 rue du Grand-Chemin. Dans une région sous forte occupation allemande, il s’engage dans la Résistance au sein des Francs-tireurs et partisans, notamment par la diffusion de tracts et la reconstitution clandestine du Parti communiste local.
Arrêté à son domicile le 3 juillet 1941 par la police française, il est remis aux autorités allemandes, interrogé puis emprisonné à Loos pendant plusieurs mois. Désigné comme otage politique, il est finalement fusillé le 31 mars 1942 au Fort du Vert‑Galant, en représailles à des actions de sabotage contre l’occupant.
Enterré d’abord à Marquette-lez-Lille, son corps est rapatrié après la Libération au cimetière de Roubaix. Il reçoit la mention « Mort pour la France » en 1946.

Les élèves de Saint-Exupéry associés à la cérémonie
La cérémonie s’est déroulé en présence des descendants d’Henri Terryn, d’élus, d’habitants et d’acteurs de la mémoire. Les élèves du collège Saint-Exupéry de Roubaix, accompagnés de leurs professeurs, ont participé à ce moment de recueillement. Leur présence souligne l’importance de la transmission de cette histoire aux jeunes générations.
Le collège Saint-Exupéry propose en effet depuis plusieurs années à ses élèves une option Patrimoine et Archéologie. Cette année, les élèves de 6e ont travaillé sur la Résistance, les 5e sur les affiches de la Seconde guerre mondiale, et les 4e sur les lettres des condamnés pour faits de résistance. Une lettre, imaginée par les jeunes, a ainsi été lue, en hommage à Henri Terryn. En faisant vivre la mémoire d’Henri Terryn dans la rue où il a vécu, ce pavé de mémoire rappelle que l’histoire s’écrit aussi à l’échelle d’une ville et de ses habitants.






