À la LPA Nord de France, un été sous tension
Publié le 21 juillet 2026|

Chaque été, les équipes de la Ligue Protectrice des Animaux Nord de France (LPA-NF) redoutent cette période. Mais cette année, la situation atteint un niveau inédit. Entre l'explosion du nombre de chatons, la multiplication des animaux errants et des capacités d'accueil largement dépassées, les sites de Lille et de Roubaix font face à un record historique de prises en charge.
La fourrière de Roubaix
À Roubaix, la LPA-NF assure la gestion de la fourrière animale pour plus de 80 communes. Depuis la fermeture du refuge roubaisien il y a quelques années, le site est désormais entièrement consacré à cette mission de service public : accueillir les animaux perdus, errants ou blessés récupérés sur le territoire.
À son arrivée, les équipes vérifient systématiquement si l’animal est identifié grâce à une puce électronique enregistrée dans le fichier national I-CAD. Si c’est le cas, son propriétaire est immédiatement contacté et dispose d’un délai légal de huit jours ouvrés pour venir le récupérer.
Lorsque l’animal n’est pas identifié, la situation se complique. Les recherches passent notamment par la diffusion d’annonces sur des plateformes spécialisées comme Pet Alert, mais les chances de retrouver rapidement sa famille sont alors nettement plus faibles. À l’issue du délai légal de huit jours ouvrés, si personne ne s’est manifesté, l’animal peut être adopté en passant en refuge.

Un record de prises en charge
La capacité théorique de la fourrière roubaisienne est de 40 places pour les chats et 20 pour les chiens. Pourtant, les équipes hébergent actuellement près d’une centaine de chats, 45 chiens et une dizaine de nouveaux animaux de compagnie (NAC).
« Nous n’avons jamais connu autant de prises en charge », nous confie Caroline Bouvy, responsable communication de la LPA-NF.
Cette hausse est principalement liée à la prolifération des chats. Le manque de stérilisation entraîne chaque année de nombreuses portées, mais cette saison marque un record. Les chatons, particulièrement fragiles, sont aussi plus sensibles aux maladies, ce qui complique leur prise en charge et mobilise davantage les équipes.
Pour l’association, la stérilisation est aujourd’hui l’un des principaux leviers de protection animale. Elle permet de limiter la surpopulation féline, de prévenir les abandons, de réduire la souffrance animale et d’éviter une saturation durable des structures d’accueil. « Chaque portée supplémentaire réduit nos possibilités de prendre en charge d’autres animaux en détresse », rappellent les équipes.
Aucune euthanasie de convenance
Malgré une situation particulièrement tendue, la LPA-NF tient à rappeler un principe auquel elle ne déroge pas : le manque de place ne justifie jamais une euthanasie de convenance.
Pour poursuivre sa mission, l’association multiplie les solutions. Des animaux sont transférés vers d’autres refuges partout en France, tandis que les familles d’accueil jouent un rôle essentiel en hébergeant temporairement des chiens ou des chats, libérant ainsi des places pour de nouvelles prises en charge.
La LPA recherche également des familles d’accueil de longue durée pour certains chiens soumis à des contraintes réglementaires ou sanitaires. Ces foyers doivent idéalement être sans autre animal, disposer d’un jardin clôturé et pouvoir offrir un environnement stable jusqu’à leur adoption définitive.
Toutes les informations pour devenir famille d’accueil sont disponibles sur le site de la LPA-NF : https://www.lpa-nf.org/je-m-engage/#familleaccueil.
Adopter, un engagement sur le long terme
Les adoptions sont exclusivement réalisées au refuge de Lille.
Avant qu’un animal rejoigne sa nouvelle famille, le processus est volontairement progressif. Deux rencontres sont organisées avec les futurs adoptants. Si ceux-ci possèdent déjà un animal, une présentation est également prévue afin de vérifier leur compatibilité.
Au-delà de ces étapes, les équipes accordent une grande importance à la sensibilisation. « Prendre un animal, c’est mesurer l’impact qu’il aura sur sa vie pendant de nombreuses années », rappelle Caroline Bouvy.
Les difficultés rencontrées chaque été montrent que certains propriétaires sous-estiment encore les contraintes liées aux vacances, aux changements de situation familiale ou aux dépenses qu’implique un animal. Pourtant, des solutions de garde existent aujourd’hui, parfois gratuites ou à moindre coût, et permettent d’éviter des situations d’abandon.
Les personnes souhaitant adopter peuvent retrouver toutes les informations, les animaux à l’adoption et les modalités d’accueil sur le site de la LPA-NF : https://www.lpa-nf.org/adopter-un-animal/.
Identifier son animal, une obligation qui sauve des vies
Autre message fort de l’association : l’identification n’est pas une simple formalité administrative, mais une obligation légale et un véritable outil de protection.
En France, tous les chiens doivent être identifiés avant l’âge de quatre mois et les chats avant sept mois. Grâce à une puce électronique enregistrée dans le fichier national I-CAD, un animal perdu retrouve beaucoup plus facilement sa famille. Cette identification permet également d’attester de son propriétaire, de connaître son statut sanitaire et de lutter contre les trafics ou les abandons anonymes.
Pourtant, les équipes constatent encore que de nombreux animaux arrivant en fourrière ne sont pas identifiés, compliquant considérablement les recherches de leurs propriétaires.

Un appel à la solidarité
Face à cette saturation historique, la LPA-NF lance un appel à la mobilisation.
L’association recherche activement de nouvelles familles d’accueil afin d’offrir un foyer temporaire aux animaux en attente d’adoption. Les besoins matériels restent également importants. L’association collecte notamment de la litière, de la pâtée, des paniers, des jouets, des brosses, des couvertures, des alèses ou encore des portions de fromage type La Vache qui rit, régulièrement utilisées pour faciliter certains soins ou l’administration de médicaments.
Des partenaires, comme l’entreprise Riga, soutiennent déjà régulièrement l’association par des dons, mais les besoins demeurent considérables.
© Crédit photos LPA-NF





