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Lili Keller-Rosenberg et ses petits messagers

Publié le 4 juin 2026|

C’est dans une salle Watremez remplie que Lili Keller-Rosenberg, rescapée de la Shoah et qui a grandi à Roubaix, a raconté son histoire. Près de 800 élèves scolarisés en classe de CM2 dans les écoles publiques de la Ville ont assisté à cette conférence à visée pédagogique, organisée conjointement par l’Education Nationale et la Ville. De nombreux élus étaient présents, dont Frédéric Tribalat, adjoint au maire en charge de l’Éducation et Tahina Botton, adjointe au maire en charge de la Jeunesse et de la lutte contre les discriminations.

C’est à la fin des années 70 que Lili Keller-Rosenberg a commencé à raconter son histoire. Pour témoigner et « pour que cela ne reproduise plus jamais ». « Trois enfants, qui rentrent seuls des camps de concentration, c’était vraiment exceptionnel. », commence-t-elle son récit.

Tout commence à Roubaix, au 42 boulevard Armentières où grandit Lili avec ses deux petits frères Robert, 9 ans, et André, 3 ans dans une famille aimante. Le 27 octobre 1943, – la date reste gravée à jamais dans sa mémoire, d’autant qu’elle correspond à la date d’anniversaire de sa maman -,  en pleine nuit, Lili et sa famille sont arrêtés par la Gestapo. « Je me rappellerai toujours de ce camion bâché et de notre réaction d’enfants : qu’avons-vous fait ? »

C’est avec pudeur mais précision que Lili raconte ce long et horrible parcours. D’abord la prison de Loos où les trois enfants sont parqués dans une cellule avec leur maman, et leur père, qu’ils ne reverront jamais, dans une autre. Puis la prison de Saint-Gilles en Belgique. « Puis nous avons été transportés dans des wagons à bestiaux dans un camp de rassemblement en Belgique. Nous sommes debout, parqués comme du bétail, sans manger ni boire pendant les trois jours que dure le voyage. »

La voix est toujours assurée mais Lili décrit le traumatisme et la peur effroyable qu’ils ressentent à leur arrivée dans le camp de concentration allemand, à Ravensbrück, en Allemagne puis à Bergen-Belsen, qu’elle qualifie de « camp de la mort lente ». La tête rasée, elle se voit affublée d’un numéro de matricule, le « 25 612 » qu’elle doit connaître par cœur, en français et en allemand. « A ce moment-là, nous perdons notre identité. Nous ne sommes plus personne. » La journée type commence à 3h30 du matin avec un morceau de pain noir rassis et l’appel pendant lequel tout le monde doit rester immobile. Puis l’attente, toute la journée, que leur maman réquisitionnée pour « l’arbeit » (travail en allemand), revienne auprès d’eux. « Les jours sans maman n’en finissaient plus. Nous avons vécu comme des ombres. »

En plus de la peur des nazis et de leurs chiens qui rodent constamment autour d’eux, Lili raconte l’arrivée des maladies comme le typhus et la dysenterie et les têtes infestées de poux. « Il y avait des cadavres partout. »

C’est le 15 avril 1945 que le calvaire prend fin. La fratrie est libérée par les troupes britanniques et pense ne jamais revoir sa maman, souffrant du typhus. « Libres mais seuls », les trois enfants retrouveront leur maman un peu plus tard, « elle ne pesait plus que 27 kilos après l’enfer des camps » précise Lili.

Les 800 enfants présents dans la salle, que Lili appelle à devenir ses « petits messagers » ont écouté le récit dans un silence impressionnant et ensuite réservé une surprise à Lili…


« Quand il n’y aura plus de déportés vivants, ce seront vous les enfants qui serez mes petits messagers. »


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Une publication partagée par Ville de Roubaix (@roubaix.fr)

Crédit Photos : Anais Gadeau, service Communication , ville de Roubaix

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