Groupe socialiste – Février 2026
Publié le 29 janvier 2026|

La démocratie, enjeu mondial, enjeu local
Les vœux sont terminés, l’année est désormais engagée, dans un climat anxiogène hélas bien réel. Les élections municipales vont rythmer le premier trimestre. Il ne s’agit pas ici de faire la promotion d’une liste ou d’une autre à l’aide de moyens municipaux, mais bien de prendre de la hauteur et de se placer du point de vue de l’intérêt général. Car cet exercice démocratique interroge directement la santé de notre démocratie.
À l’échelle mondiale, la démocratie est moquée, contestée, parfois présentée comme inefficace. Certains lui préfèrent l’autoritarisme, voire la dictature, comme solutions illusoires à des problèmes complexes. Cette pente est dangereuse. Il nous appartient, à notre échelle locale, d’y résister et de réaffirmer que la démocratie n’est pas une faiblesse, mais une exigence.
Les élections municipales doivent être à la hauteur de cette exigence démocratique. Défendre un programme solide, sincère et réaliste relève évidemment de la responsabilité des candidats. Mais la démocratie ne se limite pas à celles et ceux qui briguent un mandat. Elle repose aussi sur la responsabilité des électeurs : refuser la violence verbale, les attaques personnelles, la caricature permanente, et surtout participer au débat démocratique.
Quatre enjeux démocratiques majeurs s’imposent aujourd’hui à Roubaix.
Le premier est celui de la participation citoyenne. Elle a été affaiblie par une gestion trop technocratique des politiques publiques, par des pratiques de clientélisme, par le mépris parfois affiché pour l’expertise d’usage des habitants, qui vide de son sens le mot « concertation ». Personne n’a raison seul contre tous ; refuser le dialogue ne fait qu’accentuer les fractures. Le second enjeu est celui de l’inclusion. La politique demeure trop souvent un espace dominé par les hommes. Les personnes en situation de handicap sont rarement associées à la décision publique, la jeunesse fréquemment caricaturée. Quant à la place des femmes dans les politiques publiques, elle reste encore insuffisamment pensée, alors même qu’elles en sont souvent les premières concernées.
Le troisième enjeu concerne les associations et, plus largement, l’action collective. Sans elles, Roubaix vacille. Chacun le reconnaît, mais trop peu est fait pour sécuriser leur action : soutien aux bénévoles et aux aidants, stabilité et lisibilité des financements – indissociables d’une évaluation rigoureuse de l’argent public –, droit à l’expérimentation, respect de leur indépendance, trop souvent fragilisée par la crainte du chantage aux subventions.
Enfin, le quatrième enjeu est métropolitain. La Métropole Européenne de Lille concentre désormais l’essentiel des leviers structurants : développement économique, aménagement, logement, rénovation urbaine, mobilités. Toute réflexion municipale sérieuse devrait intégrer cette dimension, gage de lucidité et de respect envers les habitants.
La démocratie n’est jamais acquise. Elle se cultive, se protège et se pratique, ici comme ailleurs.
Mehdi CHALAH, conseiller municipal, conseiller métropolitain ;
Nadia CATTIAUX, conseillère municipale ;
Michel DAVID, conseiller municipal.

