Groupe Roubaix en commun – Mars 2026
Publié le 26 février 2026|

Éducation à Roubaix : l’autosatisfaction sans bilan du mandat !
« Changement de braquet sur l’éducation » : la formule a de l’allure. C’est celle qu’a choisie le nouveau maire de Roubaix, dans La Voix du Nord du 16 janvier 2026, pour dresser le bilan du second mandat (2020/2026). Fournitures gratuites, can-tine à un euro , doublement des moins de trois ans accueillis, trois millions d’euros investis sur cinq ans, coopération avec l’État, inspiration des pays nordiques… Sur le papier, l’école roubaisienne semble avoir trouvé son modèle. Mais au-delà du discours, les faits sont têtus. Car le flou n’est pas une simple maladresse de communication : il devient un problème politique quand il remplace l’évaluation. Qu’entend-on par « investir » trois millions d’euros ? Quelle part du budget éducatif la Ville y consacre-t-elle vraiment ? Combien d’écoles, combien d’élèves bénéficient de ces mesures ? Et surtout, qu’en est-il des résultats ? À ces questions, ni le maire ni l’adjointe à l’éducation ne répondent. Le « changement de braquet » reste donc une promesse sans compteur. Pourtant, le besoin de transparence est immense. Roubaix demeure l’un des territoires les plus en difficulté sur le plan scolaire. L’audit interministériel publié en juin 2019 le rap-pelait : dans les écoles REP+ de la ville, 36,7 % des enfants entraient au CP avec des difficultés en français et 37,5 % en mathématiques. L’année suivante, le taux d’élèves en difficulté en mathématiques grimpait à 49 %. Derrière ces chiffres, il ne s’agit pas de statistiques abstraites, mais de centaines d’enfants pour lesquels l’école peine à compenser les inégalités sociales. Face à un tel constat, l’autosatisfaction sonne faux. L’action éducative exige des priorités claires, des moyens ciblés, des bilans publics et des corrections assumées. C’est tout l’inverse d’une communication qui s’auto-congratule sans données vérifiables. Si l’éducation est vraiment le phare du mandat, alors que la lumière soit faite sur les budgets, sur les écarts entre quartiers, sur les effets des dispositifs. Roubaix n’a pas besoin qu’on lui dise qu’elle s’inspire des pays nordiques ; elle a besoin qu’on lui montre comment elle évalue et comment elle progresse. Dans une ville où près d’un enfant sur deux peine à maîtriser les fondamentaux, la première preuve de respect envers les familles, les enseignants et les élèves serait de regarder les chiffres en face, sans enrober la réalité de belles formules.
Karim AMROUNI, Nadia BELGACEM, Christiane FONFROIDE,
Dogan KACMAZ et Sadia PAMART, Présidente du groupe
Roubaix en commun

