5 questions à Shéhérazade Bentorki
Publié le 15 mai 2026|

5 questions à Shéhérazade Bentorki, Députée de la 8e circonscription (Roubaix-Wattrelos) et conseillère municipale de la majorité.
1/ Comment abordez-vous votre rôle de députée ? Quels sont vos chevaux de bataille ? Y-a-t-il des lois ou amendements sur lesquels vous avez envie de travailler ?
J’ai changé de costume mais je connais la boutique comme j’aime à dire. J’étais la collaboratrice suppléante de David Guiraud, alors député. Lorsqu’il a été élu maire de Roubaix le 27 mars, il a démissionné de sa fonction de député – loi de non-cumul des mandats oblige – et j’ai été nommée le 8 avril. Je suis chanceuse d’être la représentante de Roubaix et la porte-voix de ces territoires souvent décriés. Ma priorité, c’est le logement car c’est la préoccupation première des Français, c’est une question de dignité ! Fin juin, le projet de loi de relance du logement prévoit notamment l’assouplissement du diagnostic de performance énergétique (DPE) et donc la possibilité de remettre en location des passoires énergétiques classées F ou G sous certaines conditions. Et ça, ce n’est juste pas possible ! Répondre au besoin de logements par la remise en location de logements indécents au lieu de construire des logements sociaux n’est absolument pas une solution. La question du logement est essentielle à toutes les échelles : un enfant qui n’a pas son espace à soi, c’est compliqué ; une personne porteuse de handicap idem car très peu de logements sont accessibles.
2/ Vous êtes donc également conseillère municipale. Quelles sont vos priorités pour la Ville de Roubaix ?
Au risque de me répéter, je le redis : le logement ! Quand j’étais collaboratrice parlementaire de David Guiraud, on a été très vite confrontés à la question du logement car on est très « terrain ». L’épidémie de COVID a eu ses enseignements aussi : par exemple quand il y a des tensions dans un couple, le manque d’espace peut vite être dramatique.
3/ Après deux mois d’exercice, quel est votre constat ?
Je pense que l’une des grandes richesses de la Ville, c’est l’équipe des agents municipaux. Ils ont tous envie de bien faire, c’est très plaisant. Ils sont au service des Roubaisiens : il n’y a plus qu’à !
4/ Comment se déroulent vos journées entre Paris et Roubaix ?
Du lundi au jeudi matin, je suis à l’Assemblée nationale et j’alterne entre les séances dans l’hémicycle et en commission, car je suis membre de la commission Finance. Je défends par exemple le fonds vert pour accélérer la transition écologique dans les territoires et concrètement comment on vient réhabiliter nos écoles en apportant du « vert » pour créer des îlots de fraîcheur. Et du jeudi au lundi, je suis entre Wattrelos et Roubaix où j’honore beaucoup de rendez-vous et de représentations sur le terrain. C‘est mon carburant, je ne sais pas ne rien faire. Depuis 2022, on a la confiance d’une circonscription et on ne doit pas décevoir.
5/ Que vous a apporté votre expérience de sportive de haut niveau ?
Le sport de haut niveau, en l’occurrence la lutte pour ce qui me concerne, cela forge le caractère et apporte discipline, rigueur et endurance, trois qualités nécessaires à mon activité aujourd’hui. Cela me manque d’ailleurs. A l’époque, je m’entrainais 7 heures par jour et ensuite je m’attaquais à la révision de mes cours de sciences politiques. En ce moment, je m’initie au padel avec mon incroyable stagiaire Tassadit, en master 2 de droit public. Bon on a inventé un peu de nouvelles règles mais on s’amuse bien !
« En tant que femme issue des quartiers populaires, il faut prendre sa place, ne pas rougir et être fière de ses origines. »
La tête et les jambes
« L’esprit sain dans un corps sain », Shéhérazade Bentorki en est la parfaite illustration.
Née à Tourcoing le 6 novembre 1986, elle se qualifie comme une enfant ayant grandi entre Tourcoing et Roubaix. Dès l’âge de 10 ans, elle pratique la lutte et est très vite repérée pour ses qualités stratégiques et sa puissance. Elle intègre ensuite l’INSEP tout en suivant des études à l’université parisienne ASSAS, en sciences politiques. Côté lutte, elle est multi-médaillée : dix fois championne de France, elle obtient le bronze en 2005 aux championnats d’Europe, puis aux championnats du monde, entre autres…
© Photo Anaïs Gadeau






